
Vague souvenir de cet homme à la barbe blanche, à la voix rauque et douce à la fois. On dit de lui qu’il avait la poignée franche, l’oeil vif et un franc parler qui lui servait surtout à “maugréer” contre le consensus de l’époque. Qualités émérites pour un homme qui ne l’etait pas moins: «Il me reste tellement peu d’illusions sur la nature humaine que cela devient difficile de se mettre en colère ! Je suis désolé par les autres, le monde et moi aussi. Je suis un désolé gai». Ce qui vous intéresse c’était l’homme, les témoignages s’enchaîneront demain pour cet acteur qui aura su marqué son époque de son hédonisme de bon vivant. Sur son lit, quelques jours avant sa mort c’est Robert Rochefort qui lui rend visite, lui demande s’il a peur des jours à venir. “Je suis déjà assez emmerdé comme ça pour ne pas avoir peur en plus”. Fidèle à lui même, léger, malgré la mort qui le guette déjà. Nos parents se sont vus offrir des scènes de films mémorables: La Grande Bouffe, La Famille, Les Ripoux, Le Vieux Fusil de Robert Enrico grace auquel il obtient son 1er César en 1976, son 2d grace à Tavernier et Pour la Vie et rien d’autre. Des oeuvres à côté desquelles je suis, pour la plupart, passé sans m’arrêter. Milan Kundera dans La Valse aux Adieux dit des personnes agées qu’elles restent des musées pas assez visités. J’en connaissais pour ma part à titre personnel. Philippe tu en es un de plus sur lequel je me pencherai sans tarder. Dès ce soir à vrai dire.